Commune de Pully

Pully – une petite commune voisine de Lausanne

Pully est une petite commune voisine de Lausanne, offrant des vues à couper le souffle et de pittoresques vignobles.

Au cours des premiers siècles de notre ère, Pully a connu un destin emblématique de l’évolution des habitats de cette époque.

Entre le Ier et le IIe siècle, un riche propriétaire gallo-romain a créé ou agrandi un vaste domaine agricole, appelé en latin villa, qu’il a nommé d’après lui-même. L’un de ses successeurs se convertit au christianisme au Ve siècle après J.-C. et établit un petit oratoire dans lequel lui et sa famille furent enterrés. Une ou deux générations plus tard, le propriétaire du domaine acquit des reliques d’un saint et transforma l’oratoire en église, qui devint ensuite une église paroissiale. Au fil des siècles, le domaine évolua en village. C’est ce qui s’est produit à Pully, un schéma que l’on retrouve dans de nombreuses localités vaudoises.

Cependant, Pully possède aussi une histoire unique. Alors que plusieurs villae gallo-romaines sont devenues des villages, et que certaines anciennes cités romaines secondaires ont évolué en villes contemporaines, Pully a perdu son statut de village pour devenir une ville ces dernières décennies. Ce phénomène s’explique probablement par sa situation au bord du lac Léman, qui a connu un développement urbain exceptionnel, et par sa proximité avec la capitale vaudoise, qui a exercé une pression démographique supplémentaire. Une transformation similaire a eu lieu dans la commune voisine de Renens, devenue elle aussi une ville.

Dans un passé plus ancien, Pully a connu un destin particulier dès le Ve siècle après J.-C. Une communauté burgonde s’y est installée vers le milieu du Ve siècle, puis le site est devenu propriété de la célèbre abbaye de Saint-Maurice d’Agaune au Xe siècle. L’église paroissiale de Pully présente également une particularité intéressante : elle possède deux saints patrons au lieu d’un seul. Ces éléments méritent une attention particulière.


Le nom

L’origine du nom de Pully est claire. En latin, le nom de la commune est formé à partir d’un nom de personne, Pollius, Pullius ou Pulius, auquel a été ajouté le suffixe -acum. Pully dérive donc de Pulliacum. Le nom est incontestablement romain, tandis que le suffixe est celtique.

Le territoire des Helvètes fut annexé à l’Empire romain à la fin du Ier siècle avant J.-C. Durant les deux premiers siècles de notre ère, les Helvètes se romanisèrent et adoptèrent des noms latins. Toutefois, la langue celtique resta suffisamment vivante pour influencer le latin parlé entre les Alpes et le Jura.

Dans le monde romain, une propriété était nommée d’après son propriétaire avec le suffixe -anum, tandis que dans les régions fortement celtiques, le suffixe local -acum fut conservé. Les deux suffixes signifient « propriété de ».

Dans le canton de Vaud actuel, les deux formes cohabitèrent durant les premiers siècles de l’époque romaine. Nyon, colonie romaine peuplée d’anciens soldats, imposa rapidement le latin : autour de Nyon, le suffixe -anum est donc fréquent. Il a évolué en -ins dans des noms comme Bursins, Luins, Coinsins, Givrins, Gingins ou Begnins.

Le suffixe -acum est, lui, visible dans le reste du canton, devenant -y ou -ier. On le retrouve dans de nombreux noms de localités comme Pully, Lutry, Cully, Bussigny, Lavigny, Lussy, Lully, Crassier, Crissier ou Corsier.


La villa romaine et son âge d’or

La villa romaine de Pully a été bien étudiée. Les fouilles ont mis au jour une partie importante de la maison du propriétaire et de sa famille. En revanche, la partie rurale du domaine (où vivaient ouvriers, artisans, esclaves et bétail) reste peu documentée, car elle était construite en matériaux périssables.

La résidence luxueuse, en revanche, utilisait des matériaux durables et des techniques romaines : colonnes, mosaïques, bassins, chauffage par le sol, adduction et évacuation d’eau.

Au Ier siècle après J.-C., la première villa fut construite à Pully. Au IIe siècle, elle fut transformée en une somptueuse demeure patricienne dotée de tous les luxes romains : thermes, piscines, fontaines et portiques. Située sur la terrasse du prieuré, elle offrait une vue exceptionnelle sur le lac Léman.


Le déclin de Pully

À partir du IIIe siècle, les élites gallo-romaines du plateau suisse connaissent un déclin économique et politique. Les invasions germaniques, notamment celles des Alamans, fragilisent la région.

Une petite cache de monnaies retrouvée dans la villa pourrait témoigner de cette insécurité. Un incendie daté entre 236 et 238 après J.-C. a été identifié sur le site, sans pouvoir être relié avec certitude à un événement historique précis.

Au IIIe siècle, des incursions plus violentes encore frappent la région, notamment entre 275 et 277 après J.-C., lorsque les Alamans pillent Augst et Avenches.


Saint Germain et les Burgondes

L’église de Pully possédait deux saints patrons : Saint Germain et Saint Maurice.

Saint Germain, évêque d’Auxerre (418–448), devint très populaire dès la fin du Ve siècle. De nombreuses églises vaudoises lui furent dédiées.

Les Burgondes s’installèrent dans la région dès le Ve siècle. Pully fit partie de leur territoire, puis passa sous différentes dominations jusqu’à son intégration dans les structures médiévales du Pays de Vaud.


Histoire moderne et contemporaine

Depuis 1536, Pully dépend des autorités de Berne et de Lausanne. Elle fait ensuite partie du bailliage de Lausanne jusqu’en 1798, puis du district de Lausanne jusqu’en 2006.


Personnalités célèbres de Pully

Pully a accueilli de nombreuses personnalités, notamment :

  • René Auberjonois, peintre
  • Henri Guisan, général suisse
  • Charles-Ferdinand Ramuz, écrivain
  • François Hollande, ancien président français (vacances d’enfance)
  • Plusieurs artistes, écrivains et universitaires